Site belge de location de vacances : les dessous du fiasco Vivaweek

Attirer des vacanciers belges pour louer plus? Plusieurs dizaines de milliers de propriétaires français se sont laissés tenter par cette promesse alléchante en ouvrant un compte chez Vivaweek, un site belge de location de vacances dont, souvenez-vous, j'ai déjà parlé sur ce blog.

Malheureusement pour eux, les réservations n'ont pas été au rendez-vous. D'anciens salariés de Vivaweek, que j'ai pu joindre, m'ont raconté les pratiques commerciales de cette startup aujourd'hui cernée de plaintes… et qui pourtant continue de facturer ses clients en France au prix fort. J'ai donc décidé d'en parler à nouveau sur ce blog.

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Vivaweek et la location de vacances en France

vivaweek-avis-facebook

La page Facebook de Vivaweek est tristement déserte depuis le 18 juillet 2017.

Nous l'appellerons Annah pour préserver son anonymat (prénom d'emprunt).

Comme une trentaine de salariés de Vivaweek, une startup belge basée près de Namur, Annah a été licenciée sans indemnité de préavis. Elle n'en démord pas contre son ancien employeur, éphémère étoile montante du web qui a rejoint le cimetière des sites de locations de vacances.

Plusieurs anciens de la boîte ont déposé plainte contre l'entreprise pour faux, usage de faux et abus de confiance. D'après la télévision belge RTBF, ces salariés devraient être entendus par les enquêteurs prochainement.

Une faillite frauduleuse?

La société JDC Web, propriétaire du site Vivaweek, est aujourd'hui en faillite. Mais la justice belge s'interroge : cette faillite est-elle frauduleuse? Plus aucune action commerciale n'est menée pour donner de la visibilité aux annonces en Belgique. Pas l'ombre d'une stratégie de communication n'a produit d'effets significatifs. Le site ressemble aujourd'hui à une coquille vide.

Mais, étrangement, de très nombreux clients propriétaires en France continuent d'être prélevés par renouvellement automatique de leur annonce: 199€ par an. Certains clients ont reçu la note salée à Noël…

Annah, ex-salariée de ce site de location saisonnière, m'a contacté après avoir vu cette vidéo où je dénonçais les pratiques mensongères des commerciaux de Vivaweek:

Appels insistants, relances agressives, affirmations fausses… les équipes du call-center avaient carte blanche pour un objectif : convaincre un maximum de propriétaires français de déposer leur annonce sur le site. Et ça a marché : plus de 70 000 locations en ligne sur Vivaweek, dont la plupart dans l'Hexagone.

Sauf qu'à un moment, il y a eu un problème…

Beaucoup de propriétaires n'ont jamais vu les réservations promises par Vivaweek. Ils espéraient une pluie de vacanciers belges, mais ils les attendent toujours.

Parmi tant d'autres témoignages laissés sur le net, Michel et Evelyne Jacquot, propriétaires de la chambre d'hôtes Le Mas d'Acanthe, près d'Avignon, m'ont fait parvenir ce message :

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Sur le site TrustPilot, les commentaires et avis négatifs sont nombreux:

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Et sur le réseau social Twitter, certains propriétaires approchés ne cachent pas leur colère:

Les méthodes commerciales de Vivaweek

Comment le site Vivaweek s'y est-il pris pour attirer dans ses filets autant de propriétaires? Pourquoi ce site belge de location de vacances n'a-t-il jamais su attirer les vacanciers belges pour ses clients français?

Quelles sont les méthodes des sites de location de vacances pour vous démarcher? Et surtout, pouvez-vous vous faire rembourser? C'est ce que je vous propose de voir à présent dans cet article.

  • NOTE IMPORTANTE: J'aurais voulu publier certains éléments sur les pratiques commerciales de Vivaweek. Mais le site, que j'ai contacté par rigueur journalistique, a menacé de me poursuivre en justice si je publiais certaines informations. Je les garde donc sous le coude, à la disposition des enquêteurs belges.

Une cash-mashine très rentable de 70 000 annonces

Annah me raconte :

"On disait aux propriétaires qu’on leur prolongerait leur annonce gratuitement jusqu’à ce qu’ils aient au moins un vacancier. Et comme cela coûtait 200€ pour l’année, s'ils faisaient une seule semaine de location, c’était rentabilisé. C’était notre argument n°1, qu'on sortait tout le temps", me raconte cette ex-salariée.

"Sauf que c’était sans compter le fameux petit bouton de reconduction automatique qui était caché dans le coin, visible, mais il fallait le savoir. Et comme ils faisaient leur achat par téléphone, les propriétaires ne voyaient pas cette petite case à décocher pour qu’au bout des deux ans, la ponction ne se fasse pas automatiquement sur leur carte bancaire."

D'après mes informations, le site Vivaweek pouvait ainsi générer plusieurs milliers d'euros par jour.

Peut-on demander un remboursement à Vivaweek?

A priori non. L'ancienne salariée poursuit :

"Comme c’est un service, à partir du moment où leur annonce était en ligne ce n’était pas remboursable. Tout ce qu’ils peuvent faire - et je les invite à le faire - c’est de faire opposition avec leur banque."

"Le but de notre plainte à la brigade financière, c’est qu’ils puissent couper les serveurs. Je ne comprends pas comment ils peuvent encore faire rentrer de l’argent!"

La réponse de Vivaweek

De son côté, le site Vivaweek que j'ai contacté, m'a répondu ceci:

"En ce qui concerne les clients qui ont été débités, il s'agit de renouvellements d'abonnements justifiés par l'action d'avoir coché la case signifiant le souhait du client pour que son abonnement soit automatiquement renouvelé."

Vivaweek met en avant l'article 5.1.4 de ses conditions d'utilisation qui précise ceci:

"En réglant le prix de l'abonnement via le paiement en ligne géré par Ingenico Payment Services, le service de paiement sécurisé utilisé par le Fournisseur, le Propriétaire donne son accord en cochant la case le signifiant pour que son abonnement soit renouvelé automatiquement à l'échéance de celui-ci, pour la même offre et la même période (excepté codes promos). Ce renouvellement automatique portera effet sur la dernière commande de parution effectuée par le Propriétaire."

"On n'est pas des pigeons…"

Ironie de cette histoire, le co-fondateur de Vivaweek avait été interrogé par la télévision belge le 30 mai 2016 dans une émission au titre évocateur : "On n'est pas des pigeons"…

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About the Author Yann Bricombert

Yann Bricombert est le fondateur du site ProprietaireLibre.fr qui aide les propriétaires et les managers de locations de vacances (maisons, appartements, gîtes, chambres d'hôtes) à générer plus de réservations directes et à réussir leur location saisonnière.

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