Taxe de séjour et Airbnb: comment respecter la loi

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Nouveau mode de calcul, collecte par les plateformes de type Airbnb… Êtes-vous au courant des dernières infos sur la taxe de séjour?

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En tant que propriétaire de location courte durée, vous devez collecter la taxe de séjour qui est due au titre des hébergements touristiques.

De nouvelles règles, encore plus complexes qu'auparavant, s'appliquent en France à partir du 1er janvier 2019. Elles introduisent un nouveau mode de calcul proportionnel au coût de la nuitée.

Ces règles posent de nombreuses questions auprès particuliers qui louent leur logement sur les plateformes comme Airbnb, Booking ou Abritel HomeAway. 

Faut-il tout déclarer? Qui doit collecter la taxe de séjour? Peut-on optimiser le tarif de la nuitée? Dans cet article, vous allez découvrir comment maintenir un tarif compétitif à la nuitée tout en respectant la loi sur la taxe de séjour.

Taxe de séjour : ce que dit la loi

A partir du 1er janvier 2019, les plateformes en ligne de location de logement (Airbnb, Abritel HomeAway, Booking.com, Expedia…) devront collecter la taxe de séjour. Jusqu'ici, ce sont les propriétaires qui devaient déclarer par leurs propres moyens le nombre de nuitées qu'ils avaient louées pendant le mois.

Une démarche qui s'avérait lourde et fastidieuse. Je l'évoquais ici dans un article du blog. Et qui avait donné lieu à un manque à gagner inévitable pour les communes, vue la complexité incroyable des formalités de déclaration. Formulaires en papier, règles différentes d'une commune à une autre… C'est comme si tout était fait pour décourager les propriétaires honnêtes de déclarer facilement.

La mise en place de cette collecte automatique est donc, de mon point de vue, plutôt une bonne chose pour les hôtes. D'autant que, rappelons-le encore une fois ici, la taxe de séjour est payée par le touriste. En tant qu'hébergeur qui loue sur Airbnb, vous n'êtes que le collecteur : vous devez reverser la somme perçue en intégralité au Trésor Public.

Sauf que voilà, les modalités exactes ne sont pas encore connues. La raison ? Les sites d'annonces concernés et la Direction générale des finances publiques (DGFIP) n'ont pas encore réglé les détails techniques… Certains acteurs professionnels, réunis au sein de l'Union des professionnels de la location de vacances (UNPLV), demandent même un moratoire de six mois sur l'application de la mesure :

Calcul de la taxe de séjour : explications

La loi n° 2017-1775 de finances rectificative pour 2017 du 28 décembre 2017 a introduit pour les hébergements non classés ou en cours de classement un nouveau mode de calcul proportionnel au coût de la nuitée, applicable à partir du 1er janvier 2019.

Les parlementaires français ont-ils instauré cette nuance sous la pression des lobbys hôteliers ? Une chose est sûre, c'est que les meublés non classés sont pénalisés par rapport aux établissements classés. Cela pourrait être une bonne opportunité pour élever le niveau de qualité des hébergements, éradiquer les taudis loués en courte durée, et plus globalement tirer par le haut le standard de l'hébergement privé.

Pour savoir quel montant s'applique à vous… attention c'est là que ça se complique !

Le nouveau taux proportionnel sera fixé entre 1 et 5 % du coût de la nuitée et par personne, par la collectivité ayant instauré la taxe de séjour. Sans que le montant puisse dépasser le taux le plus élevé voté par la collectivité ou 2,30 €. 

C'est simple, non ?

Par exemple :

Avant le 1er janvier 2019, un hébergeur qui loue un appartement 100 € la nuit par personne, et qui loue 10 nuits dans le mois à un locataire. Dans une commune où la taxe de séjour est fixée à 0,50 € par nuitée et par personne, il a collecté :

10 nuits x 1 personne x 0,50 € = 5 €.

Après le 1er janvier 2019, ce même hébergeur est soumis à un taux de 1% appliqué par sa collectivité sur le prix de chaque nuitée (1% x 100 € la nuit). S'il loue 10 nuits dans le mois à un locataire, il collecte :

10 nuits x 1 personne x 1% x 100 € = 10 x 1 = 10 €

Le montant de la taxe de séjour collectée a doublé !

Dès lors, se pose la question de savoir comment cette hausse sera répercutée sur le prix de la nuitée. Faut-il l'inclure dans le tarif ? Y a t-il d'autres solutions ?

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Comment optimiser la taxe de séjour

Faut-il inclure le montant de la taxe de séjour dans son prix à la nuitée ? Le facturer à part ? Comment optimiser ce coût pour rester compétitif sur les plateformes d'annonces comme Airbnb, Booking.com, Abritel, Hotels.com ?

Les voyageurs ont l'habitude de payer un tarif "all inclusive" (tout compris). C'est pourquoi, il est préférable de proposer un tarif sous forme de "package" complet (prix à la nuitée + frais et charges + taxes). De telle sorte que vos clients n'auront pas à sortir un centime de leur poche à leur arrivée dans votre logement.

Vous êtes-vous déjà retrouvé à faire un check-in dans une location saisonnière après un long voyage, à devoir payer en espèces quelques centimes de taxe de séjour ? Vous souvenez-vous avoir pesté contre le propriétaire qui vous réclame ces quelques pièces, au lieu de les inclure une bonne fois pour toutes dans le tarif ?

Si c'est le cas, bravo ! 

Pour ne pas diminuer votre marge, je vous conseille d'élever votre niveau de services pour pouvoir facturer plus cher. Par exemple, si vous ne le faites pas encore, vous pouvez proposer un panier d'accueil à vos voyageurs, dans lequel vous aurez préparé des dosettes de café, des miniatures de confitures… Dans la limite de 10% du prix de la nuitée.

Une erreur courante est de se dire que les clients ne voudront pas payer plus cher… FAUX ! A la condition d'offrir un hébergement de qualité, beaucoup de particuliers ou de clients "business" sont prêts à payer quelques euros de plus. Vous vous y retrouvez parce que vous avez calculé votre marge au préalable.

Faut-il "tricher" sur le classement de sa location courte durée ?

D'autres gérants d'établissements vont même encore plus loin, en faisant en sorte de sous-classer leur hébergement pour ne pas basculer dans une tranche de pourcentage de taxe de séjour supérieure… On marche sur la tête !

C'est un cercle vicieux où tout le monde est perdant : le touriste, qui n'a pas d'information sincère sur l'hébergement qu'il réserve ; l'hébergeur lui-même, dont la qualité n'est pas reconnue à sa juste valeur ; les collectivités, qui voient s'évaporer des recettes fiscales.

En conclusion

A partir du 1er janvier 2019, un calcul au pourcentage du prix de la nuitée pourra être appliqué dans toutes les communes au titre de la taxe de séjour. Ce taux variera entre 1% et 5% dans la limite de 2,30€.

Taxe de séjour et Airbnb: comment respecter la loi
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A propos de l'auteur Yann Bricombert

Yann Bricombert est le fondateur du site ProprietaireLibre.fr qui aide les propriétaires et les managers de locations de vacances (maisons, appartements, gîtes, chambres d'hôtes) à générer plus de réservations directes et à réussir leur location saisonnière.

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  • Yann Bricombert dit :

    Bonjour Mike,

    Merci pour votre message et vos réflexions.

    Je suis tout à fait d’accord avec vous : la taxe de séjour est distincte du service d’hébergement touristique en lui-même (location saisonnière de type Airbnb, gîtes, chambres d’hôtes, etc.).

    Nous disons la même chose, et votre commentaire me permet de préciser ma pensée (merci! ).

    Comme vous le dites à juste titre, il est préférable d’expliquer le montant de la taxe de séjour détaillé. Votre formule est bonne, je la reprends volontiers.
    Il faut le préciser sur le contrat de location, sur son propre site web (dans les conditions de location), sur le site d’annonces lorsque cela est possible… Bref, partout où cela est possible ! Pour la meilleure information du client.

    Bien entendu, en tant que loueur, il n’est pas question de rogner sur la marge.

    Voici donc selon moi les avantages de proposer un tarif tout compris “all inclusive” qui intègre déjà la taxe de séjour :

    – Le voyageur n’a pas à sortir d’argent de sa poche
    – Vous n’avez pas de monnaie liquide à manipuler au cours du séjour
    – Le tarif du séjour payé par le voyageur est simple, toutes taxes et charges comprises
    – Vous martelez votre argument commercial sur tous les supports. Conséquence : vous sortez du lot par rapport à vos concurrents, qui continuent de réclamer la taxe de séjour sur place
    – Comptabilité simplifiée : fini le recomptage des petites pièces de monnaie

    L’hébergeur fait payer la taxe de séjour à travers son prix ajusté. Cela se passe lors de la réservation, plutôt qu’à l’arrivée sur place. Plus de complications inutiles (pièces de monnaie, argent liquide, etc.).

    Sauf erreur de ma part, rien n’oblige les hébergeurs à collecter la taxe de séjour séparément du tarif. L’important, c’est que le montant réellement collecté soit reversé intégralement à l’administration fiscale selon le barème local en vigueur.

    Au plaisir.

    Yann

  • mike.T dit :

    Bonjour Yann,
    J’ai lu votre article sur la réforme de la taxe de séjour et le moyen d’optimiser celle-ci….

    Permettez-moi de m’interroger car je ne parviens pas à saisir clairement vos recommandations.

    Sachant que la taxe de séjour se différencie, par définition et par nature, de la prestation d’hébergement ou des prestations de services annexes proposés par l’hébergeur, elle ne peut être présentée comme étant incluse dans le prix global. Elle doit apparaître distinctement du prix de l’hébergement.

    Il n’est pas souhaitable d’encourager les loueurs à noyer le montant de cette taxe dans le tarif global. Cette pratique consisterait davantage, à mon sens, à créer le doute dans l’esprit du client-vacancier ou voyageur d’affaire quant à l’opacité du tarif annoncé !

    En revanche, un tarif sous forme de « package » pour les seuls services annexes ou frais (ou charges) de fonctionnement ne semble pas poser de problème.

    Je sens une certaine confusion dans votre article entre la taxe de séjour et les prestations de services (dont l’idée proposée est à retenir ;).
    Je pense qu’il n’est pas question de diminution de marge !

    Pourquoi devrions-nous porter à notre compte cette hausse voulue par nos institutions ! Les touristes ou voyageurs d’affaire n’ignorent pas l’existence de cette taxe ! Elle est admise et même largement pratiquée dans nos pays voisins à des tarifs parfois bien supérieurs (jusqu’à 8 € à Bruxelles).

    Je comprends que cette hausse vienne augmenter le prix final de l’hébergement mais, clairement présentée par le loueur, cette augmentation ne devrait pas être perçue comme étant le fait de ce dernier.

    C’est pourquoi j’encourage vivement mes homologues loueurs à la plus grande transparence en insérant dans leur contrat de location ou autre supports écrits (valant engagement de location), une ligne ou un poste spécifique dédié à cette taxe faisant clairement apparaître son montant au titre du séjour envisagé.

    Cela pourrait prendre la forme d’une ligne ou deux comme suit :
    Taxe de séjour collectée et due sur la période : Instituée par la commune de … ou la communauté de Communes de …. Suivant délibération en date du ../../2018 (copie sur demande) – (calcul : ..x.x..) = ..,.. €

    Cette présentation pourrait très bien être reprise et insérée dans l’annonce même du loueur, sur les plateformes spécialisées de locations de courtes durées pour, là encore, la plus grande clarté des frais annexes à l’hébergement.

    Qu’en pensez-vous Yann ? et merci pour ce partage.

  • Yann Bricombert dit :

    Avec plaisir.

  • Nicole dit :

    informations très utiles .Merci

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